Musée & histoireL'histoire archéologique

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Au sein de l’espace muséographique du caveau vous découvrirez les raisons qui ont conduit l’homme préhistorique à s’installer sur le territoire de Cabrières. Les fouilles archéologiques ont permis de trouver de nombreuses traces de présences humaines datant de 2 500 ans avant J.C. ! Les recherches ont descellé les différents minerais utilisés par les Homo Sapiens dans la fabrication d’objets tels que les haches, les poignards, les colliers… Un espace dédié aux vestiges de cette période à Cabrières qui vous replonge 38 000 ans en arrière.…

Les fouilles de l’abri Rothschild ont révélé les plus anciennes traces d’une occupation humaine dans la commune de Cabrières. Plusieurs occupations humaines paléolithiques ont été identifiées dont certaines correspondent à l’apparition de l’Homo Sapiens (voici 38 000 ans). En effet, plusieurs ossements humains associés à des parures de coquilles, la plupart du temps d’origine marine, ont pu être rapportés à des sépultures datant de cette époque. L’origine des ces coquilles interpelle. Ce sont des espèces qui proviennent aussi bien des côtes de l’Atlantique que de celles de la Méditerranée, les plus lointaines, étant spécifiques de celles du Maroc Atlantique.

C’est sans doute à une période plus récente (datée de 26 000 ans) qu’il convient d’attribuer de nouvelles sépultures humaines comme la présence d’une faune sauvage où les ossements de renne sont nombreux. Malheureusement les fouilles anciennes n’ont laissé subsister que des vestiges des couches archéologiques de ce qui fût l’un des plus importants sites de cette période en Languedoc.

Par ailleurs, les nombreuses fouilles réalisées depuis plus de trente ans ont établi l’importance et l’ancienneté de l’utilisation des minerais de cuivre de Cabrières. En effet, mines et métallurgie du cuivre sont les plus anciennes de France. Dès 3 000 ans avant J.-C. (il y a 5 000 ans) les populations agro-pastorales de la fin du Néolithique acquièrent les techniques indispensables à la fabrication de ce premier métal. La technologie utilisée, faussement frustre, est loin d'être empirique. Notre région a en effet bénéficié des techniques acquises antérieurement en Turquie (ou la métallurgie du cuivre naît 3 000 ans plus tôt), en Bulgarie et en Italie. Ce n’est donc pas une invention locale, spontanée, mais son développement à Cabrières est lié au type de minerais complexes qui permettent au terme d’une succession d'opérations complémentaires, intangibles, d’obtenir des objets de métal de grande qualité.

Les mines

Quatre secteurs miniers ont été exploités par les préhistoriques : Vallarade, Font de Nuque, Pioch Farrus, La Roussignole. Plus de vingt puits de mines de cette époque sont aujourd'hui connus. L'extraction des minerais carbonatés (azurite, malachite), mais aussi des sulfures (tétraédrite, cuivre gris) était réalisée à l'aide d'outils en pierre (maillets).

Dans plusieurs de ces mines (Pioch-Farrus IV, Vallarade), l’ameublissement de la roche par un grand feu précédait et facilitait l’utilisation des maillets. Il semble que, très localement, la percussion indirecte pouvait être utilisée, un éclat de quartz effilé faisant office de coin entre le maillet ovoïde et la roche minéralisée. Ces minerais ont une composition complexe et ce mélange a permis, pour la première fois en Europe, la fusion des minerais les plus contraignants pour obtenir du métal. Ainsi, les mines de Cabrières sont à l’initiative d’une production d’objets en cuivre, aussi performants que ceux en bronze, métal qui n’apparaîtra que plus de cinq siècles plus tard.

La métallurgie du cuivre

La vitrine du caveau de la cave coopérative, réalisée en 1994, ne rend pas un état exact des connaissances archéologiques actuelles. Néanmoins, les objets présentés, le grand vase de l’Âge du Bronze de l’excavation de la Vierge, comme le résultat des fouilles du site de Roque-Fenestre, ont, dès 1980, mis en évidence l’importance et l’ancienneté de l’exploitation de nos mines. La relation entre l’exploitation minière de Pioch-Farrus IV et le site métallurgique de Roque-Fenestre est établie autant par leur contemporanéité (2500 av. J.-C) que par l’homogénéité des minerais traités. Le minerai était transporté sur une centaine de mètres depuis la mine, creusée dans les calcaires, jusqu’aux premiers affleurements de schistes. Cette roche imperméable était recherchée pour pouvoir conserver de l’eau dans des fosses d’une dizaine de mètres carrés. Ces réserves d’eau permettaient, après un soigneux concassage, de concentrer par lavage un minerai finement fragmenté.

Mais contrairement à ce que l’on croyait à l’époque de l’installation du Caveau, les fours qui servaient à transformer le minerai en métal primaire n’étaient pas construits avec des moellons jointés par une chape d’argile. Ce n’étaient pas des structures closes mais au contraire, comme l’ont révélé la vingtaine de structures de La Capitelle du Broum, de simples foyers. Ils nécessitaient une seule opération pour transformer le minerai en métal (Valat-Grand et surtout La Capitelle du Broum). Cette opération nécessait d’atteindre une température d’environ 1000 degrés. Pour y parvenir, les hommes de la préhistoire utilisaient des moyens relativement simples. En l’absence de four, qui n’apparaîtra que plus tard, ils creusaient dans le sol des cuvettes de 40 cm de long sur 20 de profondeur. Après les avoir remplies d’un mélange de charbons et de minerais finement broyés, ils y mettaient le feu. Largement ouvertes, ces cuvettes permettaient d’utiliser le vent pour activer la combustion et élever la température. L’appoint de soufflets à main où à bouche permettait de transformer le minerai en métal.

Les objets de l'âge du cuivre

En Languedoc, dès le début du IIIème millénaire, puis peu à peu dans toute la France, les objets en cuivre ont complété la panoplie des objets utilitaires des hommes néolithiques. Poignards, haches, aiguilles et perles sont les plus communs.

Dans le district de Cabrières, ces objets sont relativement peu nombreux, sauf dans le village de La Capitelle du Broum, ou ils dépassent une trentaine d’exemplaires. Cela relève très certainement de deux raisons complémentaires :

- d’une part, les néolithiques de Cabrières devaient vendre ou échanger l’essentiel de l’outillage en métal qu’ils fabriquaient. La diffusion des productions locales dans une partie du Midi de la France est attestée par les traces des impuretés minérales typiques de Cabrières (antimoine argent en l'absence de plomb) conservées dans ces objets.

- d’autre part cette rareté peut découler de la refonte des objets cassés ou usagés. Ainsi, si les moules de haches sont relativement nombreux aucune hache (outil qui représente 300 gr de métal) n’a été découverte. Les poignards sont au nombre de trois, alors que les aiguilles et les perles sont abondantes à La Capitelle du Broum. Soulignons enfin, qu’une pointe de javelot, de type hispanique, fabriquée avec du minerai de Cabrières, atteste l’existence d’échanges commerciaux et techniques entre ces deux régions 2000 ans avant J.-C.

Les exploitations ultérieures

L’exploitation des mines de cuivre de Cabrières s’est poursuivie, peut être avec moins d’intensité aux Âges du Bronze et de Fer. Une importante exploitation romaine est par contre attestée par plusieurs mines qui conservent les traces de l’utilisation d’outils en fer, des aménagements (escaliers, retenue d’eau), mais aussi quelques objets (lampes, fragments d’amphores), ainsi que quelques inscriptions nominatives. Plus tard, au Moyen-âge et au XIXe siècle de nouvelles recherches ont été entreprises, alors que récemment des travaux miniers ont testé les réserves potentielles en minerai de baryte.

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